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L'évaluation et la certification des compétences et qualifications professionnelles suscitent un intérêt croissant dans beaucoup de pays, qui veulent s'assurer de la qualité de la formation et de son adaptation aux besoins de l'économie. A cet effet, ils cherchent, soit à améliorer les dispositifs existants, soit à en créer un entièrement nouveau. Celà intéresse à la fois:
Autrement dit, les acteurs intéressé à l'évaluation et à la certification sont divers et les enjeux sont importants, car c'est tout le problème de l'articulation entre formation et emploi qui est en cause. D'où la nécessité d'une approche globale (ou systémique).
Face à ce problème, on peut observer trois types de réponses, étroitement liées à des traditions institutionnelles et culturelles bien différentes:
A cet effet, ils ont mis en place, avec des variantes, un système national d'évaluation fondée sur les compétences (Competency-based assessment). Il s'agit essentiellement de montrer que l'on est capable d'exercer une activité, ou de réaliser des opérations, définies de manière plus ou moins spécifique et précise par des organismes représentant les employeurs. L'évaluation peut alors être assurée par toutes sortes d'instances: organismes de formation ou entreprises.
Tous ces systèmes ont évolué ces dernières années et à certains égards ont tendance à se rapprocher. Mais les principes qui les inspirent restent très différents.
L'ouvrage que publie l'IIPE contient une analyse critique des différentes démarches, qui met l'accent sur l'importance du contexte et d'une vision globale du prolème. Il s'efforce de donner une vue d'ensemble des tendances observées et des problèmes qui se posent dans différents pays, notamment en Europe centrale, mais aussi dans les pays en développement. Un certain nombre de ces pays sont tentés par la démarche britannique, quelques autres expérimentent l'approche germanique de l'apprentissage dual.
L'ouvrage insiste sur la nécessité d'une analyse des implications de ces approches et des conditions de leur transférabilité dans un contexte donné. Or, cette analyse ne semble pas toujours avoir été réalisée. Par exemple, l'application complète du modèle allemand d'apprentissage, avec ses conséquences sur l'évaluation et la certification, implique un engagement fort d'organismes représentatifs des partenaires sociaux, ce qui n'existe pas dans beaucoup de pays.
Quant à la démarche britannique, elle se veut simple et bien adaptée aux besoins des entreprises. Mais elle risque de privilégier les préoccupations opérationnelles et pratiques, limitées aux savoir-faire concrets et aux exigences à court terme, au détriment d'un souci de formation et d'adaptabilité de la personne. Tout dépend des conditions dans lesquelles cette démarche est mise en oeuvre: pour la formation initiale des jeunes ou pour celle des adultes, en liaison ou non avec une formation plus générale.
L'auteur de cet ouvrage récuse les positions trop tranchées et les modes, qui s'inspirent parfois de préoccupations idéologiques. Il plaide pour une appréciation objective des avantages et des inconvénients des différentes approches et pour des solutions mixtes, qui chercheraient à utiliser le meilleur de chacune d'entre elles.